Mardi 30 septembre 2008

Voici la lettre que j'ai adressée ce jour à  Monsieur M'Hammed HENNICHE, Secrétair général de l'Union des Associations Musulmanes de Seine-Saint-Denis 

Cher Monsieur,

Permettez-moi de vous adresser, ainsi qu'à l'ensemble des musulmans de notre département, un message d'amitié et de paix pour l'Aïd-el-Fitr qui marque, ce mercredi 1er octobre 2008, la fin du Ramadan.
C'est pour moi l'occasion de vous réaffirmer mon attachement à la liberté des cultes, au droit
d'exercer librement ses croyances dans la paix et la sérénité.
Comme Sénatrice de la Seine-Saint-Denis, mais aussi comme responsable du PCF, j'ai eu
l'occasion d'exprimer, devant les membres de votre association et des personnalités politiques de tous horizons, mon attachement sans faille à une laïcité ouverte, garante de la liberté de conscience et de croyance dès lors qu'elle s'exprime en toute transparence, dans le respect de la loi et des valeurs de la République française : Liberté, Egalité Fraternité.
A ce titre, je ne peux accepter que la construction d'un lieu de culte musulman soit utilisée par certains élus pour s'offrir une tribune politicienne. Une telle attitude est irresponsable. De plus, elle peut être dangereuse car elle pourrait encourager les communautarismes, opposer croyants et non-croyants, diviser les populations.
Or, notre société, notre monde sont aujourd'hui en grande souffrance. Et la crise financière qui secoue aujourd'hui la planète aggrave la situation des peuples. Face à ces crises profondes, certains veulent détourner les religions de leur message de paix pour servir des intérêts de pouvoir et pousser des hommes, des femmes, des jeunes vers l'obscuratisme et le repli sur soi.
Tout cela est contraire aux aspirations des peuples à vivre dans un monde de liberté, de justice et de paix. Valeurs sur lesquelles je fonde mes engagements.
Mais l'heure est aujourd'hui à la joie et au partage. Aussi, je veux saluer l'ensemble des musulmans à qui j'adresse un message d'amitié.
Pour finir, permettez-moi d'emprunter à Mahmoud Darwich, le grand poète palestinien qui vient de nous quitter, ses vers de liberté et d'espérance : "Mon identité est plurielle, diverse. Aujourd'hui, je suis absent, demain je serai présent. J'essaie d'élever l'espoir comme on élève un enfant. Pour être ce que je veux, et non ce que l'on veut que je sois".

Avec mes cordiales salutations,

Eliane ASSASSI
Sénatrice de Seine-Saint-Denis
Conseillère municipale de Drancy
Par Eliane Assassi
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